Au Groupe de travail n° 4 « Développer l’information sur les produits de santé »

Je viens de passer, et je n’ai pas encore fini, de nombreuses heures à regarder les missions parlementaires sur le Médiator et la pharmacovigilance. Pour cela, j’ai tout rapatrié en local avec un wget -i pour consulter tout cela tranquillement dans mon salon.

Oh, juste 2 points :

  1. Comme mentionné par Mr Houssin, l’affaire Médiator tient du modèle de gestion des risques (de Reason) en tranches de gruyère : le cas est exemplaire car toutes les sécurités ont faillies et dans la durée.
  2. Et comme l’a indiqué le Professeur Jean-Louis Montastruc, les 2 grandes carences généralisées sont: la pharmacologie et la pharmacovigilance. Une façon à la fois vraie et élégante de dire les choses.

[Progrès en matière de transparence : nous disposons ce jour du verbatim de la dernière commission d’AMM! et il en ressort encore, qu’à chaque fois, le doute a prolongé ou prolonge le maintien du médicament sur le marché.]

Même si comme je le crains (dixit Dominique Dupagne ) les Assises du médicament n’aboutissent à « rien »,
il est au moins aisé de donner son avis, contribuer depuis cette page :
http://www.sante.gouv.fr/la-concertation-des-assises-du-medicaments.html

Et j ‘ai donc proposé (un peu rapidement j’en conviens et en plus je dois commencer à radoter) ce qui suit :

L’essentiel des mesures à mettre en œuvre est mentionné dans les 57 propositions de la revue Prescrire :
J’insisterais sur la proposition 48 :

48. Mettre en place une base publique, exhaustive et gratuite d’information sur les médicaments commercialisés (rapport d’évaluation, résumé des caractéristiques du produit, avis de la commission de transparence, bibliographie pertinente de qualité, etc.).

Car à ce jour, il n’existe pas de référentiel du médicament français.

J’entend par référentiel :

  • le répertoire exhaustif et à jour des informations officielles concernant les médicaments commercialisés ou ayant été commercialisés.
  • la source référente de confiance qui permettent à tous les acteurs aussi divers soient-ils (industriels du médicament, agences gouvernementales et non-gouvernementales, associations, ministères, assurance maladie, mutuelles, sociétés informatiques …) d’y trouver leur compte.

Bien noter que toutes les données centralisées autour du référentiel public n’ont pas toutes vocation à être accessible à tous, être rendue intégralement publique.
Ex: un volet Bibliographie médicale du produit, un volet Santé publique n’auraient pas les mêmes auteurs ni les mêmes lecteurs.

Il n’existe pas de référentiel du médicament français :

La base ECODEX de l’Afssaps n’est pas ce référentiel.

La base MEDDISPAR n’est pas ce référentiel.
L’outil ordinal est pratique, d’un intérêt indiscutable.
Mais par sa définition, son périmètre est limité.

La base VIDAL n’est pas ce référentiel.
Elle est encore bien trop concentré sur la présentation des RCP, comme information officielle des produits.
Le TUV (Thésaurus Unifié Vidal) est un référentiel qui gagnerait à être publié et diffusé.
Les bases Sempex Data et BIAM font parti de Vidal.

La BANQUE CLAUDE BERNARD n’est pas ce référentiel.
Pas plus que Vidal, malgré des utilisations par l’industrie pharmaceutique, par les médecins de ville, et les hôpitaux.

La base Thésorimed, clone de Thériaque depuis la sortie du CNHIM du GIE SIPS, n’est pas ce référentiel.

La BdM_IT n’est pas ce référentiel.
C’est une extraction dédiée aux informations tarifaires à partir de Thesorimed.

La CIOsp est un référentiel, mais ce n’est pas ce référentiel.
C’est un fichier informatique, décrivant les spécialités pharmaceutiques agréées aux collectivités pour les besoins de communication logicielle dans les hôpitaux.
http://www.phast.fr/

La Base Thériaque n’est pas ce référentiel, mais ce qui en est le plus proche, disposant des requêtes les plus complètes, de l’information publique la plus étendu, avec des accès aux avis de la commission de transparence, aux SMR et ASMR, et beaucoup d’autres informations, très au delà de l’information des RCP.

Mon opinion est que le FOPIM a été l’occasion manquée de faire de la base Thériaque, le référentiel médicament des pouvoirs publics.
Et que pour être parfaitement stable, cohérent, extensible et interopérable, il devrait disposer d’un noyau technique du type de celui de la CIOsp.

Cela un peu à l’exemple de l’expérience hollandaise dont il me semble qu’il y a beaucoup à apprendre .
La structure ordinale dispose de deux outils :
la KNMP Kennisbank, banque d’information scientifique  et G-Standaard, un référentiel informatique, noyau de l’interopérabilité  des données ville-hôpital à travers tout le système de santé.

Ce référentiel est normalisé : c’est sans équivalent en France, la CNISAS (AFNOR/S95N) est dans le coma.

Il y a aussi Pharmo je vous laisse voir, mais actuellement, la base ERASME (Extraction, Recherche, Analyse, Suivi Médico Economique) de l’Assurance maladie ne semble pas encore l’équivalent français de cette dernière.

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Un commentaire pour Au Groupe de travail n° 4 « Développer l’information sur les produits de santé »

  1. Ping : Informatique Médicale,TIC & Pharmacie | Pétition pour une base de données publique du médicament

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